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Kim Thuy_Ru

甛蜜蜜/영혼의 방부제◆

by Simon_ 2021. 3. 14. 21:21

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Kim Thuy_Ru

 

 

‘만’과 비교했을 때 감정이 더 풍부하게 베어진 묘사들이 좋았던 책이다. 

단어 하나를 꼬리물고 시공간을 넘어서 여기저기 뛰어다니는 생각들이 자유로웠고, 그녀의 확신과 욕망들이 생생하게 드러난 문장들이 인상깊었다. 언젠가 한국에 갔을 때 익숙한 것들을 새로운 시선으로 보게 된다면 눈에 띄었을 것들이 있을까 하는 고민에 빠지기도 하고. 

 

 

 

Je n’avais plus de points de repère, plus d’outils pour pouvoir rêver, pour pouvoir me projeter dans le future, pour pouvoir vivre le présent, dans le présent. p.18

 

Une de ces femmes, qui j’ai connu, est décédée en perdant pied dans ses toilettes, juchées au-dessus d’un étant rempli de barbote. Ses babouches en plastique ont glissé. Si quelqu’un l’avait observée à ce moment-là, il aurait vu son chapeau conique disparaître derrière les quatre panneaux qui cachaient à peine son corps accroupi et l’entouraient sans la protéger. Elle est morte dans la fosse septique familiale, sa tête plongeant dans un trou d’excréments entre deux planches de bois, derrière sa hutte, entourée de poissons-chats à la chair jaune, à la peau lisse, sans écailles, sans mémoire. p.48

 

 

Ces soldats ont fondé leur famille dans cette grande maison. Savent-ils qu’ils vivent dans un bâtiment construit par un ingénieur français, diplômé de l’École nationale des ponts et chaussées? Savent-ils que cette maison est un remerciement de mon grand-oncle à mon grand-père, son frère aîné, qui l’a envoyé faire ses études en France? Savent-ils que dix enfants y ont été élevés mais se retrouvent aujourd’hui dans dix villes différentes, parce qu’ils ont été expulsés de leur noyau? Non, ils ne savent rien. Ils ne peuvent pas savoir: ils sont nés après le retrait des Français, et avant que cette période de l’histoire du Vietnam puisse leur être enseignée. Ils n’avaient même probablement jamais vu le visage d’un Américain de près, sans camouflage, avant que le premier touriste arrive dans leur ville, il y a quelques années. Ils savent seulement que si mon père reprend possession de la maison et la vend à un promoteur, ils recevront une petite fortune, une compensation pour avoir confiné mes grands-parents paternels dans la chambre la plus exiguë de leur propres maison durant les derniers mois de leur vie. p.75

 

 

Madame Girard avait engagé ma mère pour faire du ménage chez elle, ne sachant pas que ma mère n’avait jamais tenu un balais dans ses mains avant son premier jour de travail. (…) Leur fille m’invitait à assister à ses concours de patin à roulette. Elle partageait avec moi ses robes trop petites, dont une robe d’été en coton, toute bleue avec de minuscules fleurs blanches et deux bretelles que l’on attachait à l’épaule. Je l’ai portée pendant l’été, mais aussi pendant l’hiver avec un col roulé blanc en dessous. Durant les premiers hivers, nous ne savions pas que chaque vêtement avait sa saison, qu’il ne fallait pas tout simplement porter les vêtements que nous possédions. Quand nous avions froid, sans faire de discrimination, sans connaître les différentes catégories, nous mettions un vêtement par-dessus l’autre, couche après couche, comme les itinérants. p.80

그녀는 작아진 원피스를 나에게 물려주곤 했다. 작은 하얀꽃들로 무늬를 이룬 파란 면 원피스였는데 나는 그걸 여름내내 입었다. 물론 겨울에도 흰 목티를 안에 받쳐서 입었다. 첫 겨울 해를 나는 동안에 우리는 계절마다 옷을 바꿔 입는다는 개념을 모르고 있었다. 그저 갖고있는 옷들을 겹쳐서 입는 것이 아니라는 걸. 

 

 

Cependant, une fois obtenu, le rêve américain ne nous quitte plus, comme une greffe, ou une excroissance. La première fois que je suis allée avec mes talons hauts, ma jupe droite et mon porte-documents dans un restaurant-école pour enfants défavorisé à Hanoi, le jeune serveur de ma table n’a pas compris pourquoi je lui parlais en vietnamien. Je croyais au début qu’il ne saisissait pas mon accent du Sud. Mais, à la fin du repas, il m’a dit candidement que j’étais trop grosse pour être une Vietnamienne.

J’ai traduit cette remarque à mes patrons, qui en rient encore aujourd’hui. J’ai compris plus tard qu’il ne parlait pas de mes quarante-cinq kilos, mais de ce rêve américain qui m’avait épaissie, empâtée, alourdie. Ce rêve américain a donnée de l’assurance à ma voix, de la détermination à mes gestes, de la précision à mes désirs, de la vitesse à ma démarche et de la force à mon regarde. Ce rêve américain m’a fait croire que je pouvais tout avoir, que je pouvais me déplacer en voiture avec chauffeur. p.86

결국엔 내 체구가 요점이 아니였던 것을. 아메리칸드림은 내 목소리에 확신을 안겨주었고, 결단력 있는 몸짓을, 정확성을 띄는 욕망을 갖게 해주었다. 힘찬 발걸음과 강렬한 시선으로 무장할 수 있도록. 이 아메리칸드림은 내가 모든 것을 가질 수 있다고 믿게 했고, 언젠간 내가 운전사딸린 차를 타고 이동하는 날이 올 거라고 믿게 했다. 

 

 

Il fallait qu’il se réveille tôt pour les enregistrer car les soupes se vendaient surtout le matin. Chaque soupe avait ses vermicelles: les ronds avec du boeuf, les petits et plats avec du porc et des crevettes, les transparents avec du poulet.. chaque femme avait sa spécialité et son parcours. p.112

그 소리들을 녹음하려면 일찍 일어나야 했다. 국수는 아침에만 팔았기 때문이다. 모든 국수는 들어가는 음식에 따라 면을 다르게해서 팔았다. 둥근 면은 소고기와 함께, 작고 납작한 면들은 돼지고기와 새우와 함께, 투명한 면은 닭고기와 함께. 

 

Pourquoi désirer leur présence en dehors du lit alors que leur vocabulaire se limitait aux conversations tenues derrières des portes fermées? Ils m’ont répondu que je n’avait rien compris. Ils avaient besoin de ces jeunes filles pour une raison tout autre. Elles étaient là pour leur redonner leur jeunesse. Quand ils regardaient ces jeunes filles, ils se voyaient eux-mêmes jeunes, pleins de rêves et de possibilités. Elles leur donnaient l’illusion de ne pas avoir raté leur vie ou, à tout le moins, la force et le désir de la recommencer. p.127

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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